L’Essentiel en Haute-Provence – Décembre2001 / JANVIER 2002 N°9

Michel BONZI – Haute Couture : Il persiste et signe

Les cheveux très courts, la lèvre supérieure ourlée d’une fine moustache, Michel Bonzi offre un visage serein. Sa voix est douce mais son parcours de jeune couturier-designer est sans concessions. C’est à la force du poignet que ce natif de Château-Arnoux s’est forgé une solide réputation dans le milieu impitoyable de la Haute  Couture.

Après un bref passage aux Beaux-Arts, le jeune Michel poursuit des études de chimie puis de comptabilité. Pourtant le cœur n’y est pas car une passion l’anime, héritée de sa grand-mère pantalonnière et de sa mère couturière. Il se souvient : Je concevais les modèles des vêtements confectionnés pour moi par ma mère. Un jour, une amie jugeant mes fringues sympa me conseilla de lancer ma propre marque. . .

Croire en ses rêves

Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas. Il appartient à chacun de croire en ses rêves. Michel Bonzi affiche volontiers cette maxime dont les sonorités lui trottaient certainement dans la tête lorsque, retiré au milieu des champs bas alpins, il créait de splendides robes du soir. En 1986, il réserva le tout premier défilé à son village natal, sous la griffe significative »persiste et signe ».

L’étape suivante fut Marseille où, armé de son talent et d’une volonté de fer, le créateur s’est imposé après une dizaine d’année de labeur. J’étais originaire de la campagne et je réalisais très robes très élaborées, pas des vêtements à porter au quotidien. On me regardait donc un peu bizarrement. Mais j’avais tellement attendu ce moment ! . . .Il n’était pas question pour moi de changer ma visions des choses. Alors le couturier-designer a « persisté et signé », donnant libre cours à sa passion pour les lignes élégantes et les matières somptueuses.

Les futures épousées rebutées par « les usines à mariage » lui doivent des robes de mariées uniques et les femmes désireuses de resplendir lors d’une soirée lui confient leur image.

Se glisser dans une œuvre d’art

En revêtant ses créations, chaque femme éprouve sans doute la fugitive impression de se glisser dans une œuvre d’art. La naissance d’un vêtement est un véritable travail d’équipe avec la personne concernée explique Michel Bonzi. J’ai besoin de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut être et l’univers dans lequel elle évolue. Jamais le professionnel ne déroge à la beauté : Le corps est mis en valeur et, à partir du moment ou l’on vient vers moi, j’estime avoir une mission de conseil. J’ai parfois refusé d’accéder aux demandes de clientes qui choisissaient un modèle ne correspondant pas du tout à leur silhouette. Même si l’on m’offrait beaucoup d’argent, je ne ferais jamais une robe qui ne siéra pas à sa destinataire. Ainsi, deux réalisations basées sur un même modèle resteront pourtant différentes car étroitement ajustées à la séduction personnelle de leur propriétaire.

Respectant la pure blancheur des robes de mariée, Michel Bonzi ne se prive pas d’un jeu subtil de couleurs pour les robes de soirée. Toutes les couleurs me plaisent mais leur choix dépend de la matière utilisée signale le couturier-designer qui alterne recherche du mouvement et lignes épurées, concevant une robe aux allures vénitiennes puis un fourreau aux lignes élégantes et longilignes. Taffetas moiré à reflet changeant, satin lumière, velours dévoré ou satin de soie . . . le vêtement se pare de rêve. Si la coupe est sobre, le tissu sera riche ; si le haut de la robe suit une ligne sobre, le bas sera riche et vice et versa. C’est ma ligne de conduite, dévoile le concepteur.

 

Tout le savoir-faire de la Haute Couture

A sa propre démarche de création, Michel Bonzi ajoute un créneau particulier : la reproduction autorisée (bien sûr !) de vêtements de grandes marques telles Ungaro, Yves St Laurent, Chanel, Givenchy, Nina Ricci . . . seulement trois maisons de couture sont accréditées en France pour poursuivre cette activité qui relève d’un savoir-faire extraordinaire. L’ouvrage effectué est celui de la Haute Couture. Tissus, boutons, modèle, montage . . . sont strictement à l’identique des pièces conçues par les plus grands. Le moindre détail est soigneusement respecté et le travail de couture s’effectue à la main pour les finitions. Au minimum, quarante heures sont nécessaires afin de mener un habit à son terme.

Au résultat, aucune différence si ce n’est le prix, divisé environ par quatre ! Le but de Michel Bonzi est de « faire rêver » !

Claude Sologne

 

Michel Bonzi Créations – 22 rue Beauvau 13001 Marseille –

tél. 04 91 33 73 85