Marseille Le jour & La nuit – 5 mars 1998 N°3

MICHEL BONZI : CREATEUR A MARSEILLE

Pour un couturier-designer, comment vous vous définissez, vous avez un parcours atypique . . .

Michel Bonzi : Effectivement, mon curriculum vitae est assez original pour un créateur, j’ai d’abord réussi le concours des beaux-arts . . . mais je n’ai pas suivi ses cours, j’ai ensuite suivi les cours de l’école de chimie puis j’ai passé un B.T.S de comptabilité.

Et la mode dans tout cela ?

M.B. : Elle faisait déjà partie de moi, tout mon être est créatif, j’ai toujours explosé de créativité. Jeune homme, je conceptualisais ma garde-robe ; Joséphine, ma mère, à qui ma boutique est dédiée, les réalisait. Autour de moi mes vêtements suscitaient curiosité et admiration. Les gens m’abordaient pour me demander où je les avais achetés. C’est le hasard d’une rencontre qui à servi de catalyseur à la création de ma griffe. Moi, je suis un artiste, je n’ai pas le sens du commerce ; c’est une amie qui m’a incité et m’a encouragée à poursuivre mes créations en se chargeant de diffuser ma collection.

Quand avez-vous présenté votre première collection ?

M.B. : En mars 1987 sous la marque « Persiste et Signe »

C’était un défi ?

M.B. : Je ne doute pas de ma bonne étoile mais je sais que pour percer il faut persévérer. Mes modèles sont maintenant signés de ma griffe « Michel Bonzi »

Qu’est-ce-qui est important et primordial pour vous, dans un modèle ?

M.B. :Tout est important, les lignes d’un fourreau sobre, d’un smoking classique peuvent être très raffinées, élégantissimes mais j’accorde une grande importance également à la volupté, à la sensualité d’un tissu. Je fais venir mes tissus de très loin, de l’Europe entière. Mes soieries sont lyonnaises ou italiennes, mes guipures autrichiennes, les suisses aussi ont des matériaux incomparables. J’aime la magnificence, le faste. Grâce à ma créativité, je donne libre cours à mon imaginaire.

A qui s’adressent vos créations ?

M.B. : Les femmes qui s’habillent chez moi sont de jeunes femmes toujours soignées, toujours élégantes. Mon rôle est de mettre en valeur la personnalité de chacune en fonction de sa psychologie et du thème festif. Il ne faut pas se tromper, il faut être en harmonie avec la soirée.

Votre boutique, 9 rue Beauvau, exerce un attrait magnétique, votre talent commence à être reconnu, de quoi rêvez-vous maintenant ?

M.B. : Mon rêve ? . . . j’aimerais créer pour le théâtre et l’opéra . . .