Marseillepeople.com n° 2 printemps 2006

Michel Bonzi . . . sous toutes ses coutures.

Vous dites « couture », il s’enflamme. Visiblement, couture rime avec inspiration, expiration . . . comme une respiration, Michel Bonzi n’a pas son pareil pour vous le faire ressentir, avec sobriété, retenue, pudeur mais avec détermination. C’est toute sa vie.

Il débute dans les années 80 avec quelques robes de mariées. Son parcours est celui d’un autodidacte, mais sa vocation n’est pas for fuite. Sa mère et sa grand-mère sont couturières… L’atavisme est donc puissant. Michel traverse l’enfance dans un univers de conception. Il participe très tôt aux petits travaux de couture. Sa maman lui taille tous ses petits costumes. Plus tard, les aléas de la vie l’empêchent de faire les beaux arts, cursus dont il rêvait. Il troque l’art pour des études de chimie puis de comptabilité ! Le manque d’argent mais aussi le démon de la couture le décident à faire ses vêtements lui-même, toujours avec l’aide précieuse de sa mère. « petite main » géniale. Il a un sens inné de la coupe.

Son entourage remarque son élégance et ses habits parfaitement ajustés. Il prend donc le chemin de sa passion et après 10 ans de formation en solitaire et quelques stages, il prend vite conscience qu’il a déjà acquis les bases techniques même les plus complexes, Michel Bonzi prend son envol. Il crée sa première collection, (une quarantaine de modèles) et peut enfin exprimer son talent dans une période propice au stylisme et a la création. Nous sommes en 1988, c’est le début d’une movida marseillaise avec, en fer de lance, une jeune Maryline Vigouroux qui soutient les créateurs. « Tous les meilleurs ne sont pas restées » soupire ce grand ténébreux avec une pointe de nostalgie. Michel, lui, a réussi à s’imposer. En 1997, il installe sa boutique rue Beauvau prés de l’opéra. Tout le monde s’en souvient. Sa vitrine, très spectaculaire brillait de mille feux même la nuit, pause rêvée des noctambules ! Il existe en lui une vraie volonté de vendre du rêve, de rendre réalisable les espoirs les plus osés.

Michel est capable de camoufler une poitrine trop opulente dans une robe bustier, la rendre féminine lorsqu’elle est trop juvénile. La haute couture permet ce miracle car comme tous les arts majeurs, le génie créatif s’appuie sur un savoir-faire minutieux, une précision technique hallucinante. Ce perfectionniste ne supporte pas que l’on galvaude l’appellation haute couture. « il suffit d’observer de prés ou de loin le travail de ces matières somptueuses » dit-il « les parements précieux que seules des mains délicates sont capables de fixer pour s’en rendre compte ». Cet esthète est persuadé que rien n’égale une création sur mesure et soutient qu’une robe naît d’une rencontre. Son goût pour le beau est insatiable. Ses références sont sûres, avec jacques Fath et Christian Dior pour modèles mais les couturiers d’aujourd’hui lui plaisent aussi. Il aime Eli Saab pour ses robes de princesses, Jean-Paul Gaultier pour son esprit couture, Christian Lacroix pour la féerie de ses créations mais également Valentino pour un éternel « chic Madame » et enfin Thierry Mugler pour l’image forte qu’il a su donner aux femmes. En apnée depuis quelques années, Michel Bonzi revient sur le devant de la scène « couture » avec l’éternel objet de fantasme féminin, ses premières amours aussi et ce qui clôture tous les grands défilés de haute couture… la robe de mariée. Pour le plus grand bonheur de toutes les futures princesses d’un jour.

 

Céline Albertini

L’Essentiel en Haute-Provence – Décembre2001 / JANVIER 2002 N°9

Michel BONZI – Haute Couture : Il persiste et signe

Les cheveux très courts, la lèvre supérieure ourlée d’une fine moustache, Michel Bonzi offre un visage serein. Sa voix est douce mais son parcours de jeune couturier-designer est sans concessions. C’est à la force du poignet que ce natif de Château-Arnoux s’est forgé une solide réputation dans le milieu impitoyable de la Haute  Couture.

Après un bref passage aux Beaux-Arts, le jeune Michel poursuit des études de chimie puis de comptabilité. Pourtant le cœur n’y est pas car une passion l’anime, héritée de sa grand-mère pantalonnière et de sa mère couturière. Il se souvient : Je concevais les modèles des vêtements confectionnés pour moi par ma mère. Un jour, une amie jugeant mes fringues sympa me conseilla de lancer ma propre marque. . .

Croire en ses rêves

Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas. Il appartient à chacun de croire en ses rêves. Michel Bonzi affiche volontiers cette maxime dont les sonorités lui trottaient certainement dans la tête lorsque, retiré au milieu des champs bas alpins, il créait de splendides robes du soir. En 1986, il réserva le tout premier défilé à son village natal, sous la griffe significative »persiste et signe ».

L’étape suivante fut Marseille où, armé de son talent et d’une volonté de fer, le créateur s’est imposé après une dizaine d’année de labeur. J’étais originaire de la campagne et je réalisais très robes très élaborées, pas des vêtements à porter au quotidien. On me regardait donc un peu bizarrement. Mais j’avais tellement attendu ce moment ! . . .Il n’était pas question pour moi de changer ma visions des choses. Alors le couturier-designer a « persisté et signé », donnant libre cours à sa passion pour les lignes élégantes et les matières somptueuses.

Les futures épousées rebutées par « les usines à mariage » lui doivent des robes de mariées uniques et les femmes désireuses de resplendir lors d’une soirée lui confient leur image.

Se glisser dans une œuvre d’art

En revêtant ses créations, chaque femme éprouve sans doute la fugitive impression de se glisser dans une œuvre d’art. La naissance d’un vêtement est un véritable travail d’équipe avec la personne concernée explique Michel Bonzi. J’ai besoin de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut être et l’univers dans lequel elle évolue. Jamais le professionnel ne déroge à la beauté : Le corps est mis en valeur et, à partir du moment ou l’on vient vers moi, j’estime avoir une mission de conseil. J’ai parfois refusé d’accéder aux demandes de clientes qui choisissaient un modèle ne correspondant pas du tout à leur silhouette. Même si l’on m’offrait beaucoup d’argent, je ne ferais jamais une robe qui ne siéra pas à sa destinataire. Ainsi, deux réalisations basées sur un même modèle resteront pourtant différentes car étroitement ajustées à la séduction personnelle de leur propriétaire.

Respectant la pure blancheur des robes de mariée, Michel Bonzi ne se prive pas d’un jeu subtil de couleurs pour les robes de soirée. Toutes les couleurs me plaisent mais leur choix dépend de la matière utilisée signale le couturier-designer qui alterne recherche du mouvement et lignes épurées, concevant une robe aux allures vénitiennes puis un fourreau aux lignes élégantes et longilignes. Taffetas moiré à reflet changeant, satin lumière, velours dévoré ou satin de soie . . . le vêtement se pare de rêve. Si la coupe est sobre, le tissu sera riche ; si le haut de la robe suit une ligne sobre, le bas sera riche et vice et versa. C’est ma ligne de conduite, dévoile le concepteur.

 

Tout le savoir-faire de la Haute Couture

A sa propre démarche de création, Michel Bonzi ajoute un créneau particulier : la reproduction autorisée (bien sûr !) de vêtements de grandes marques telles Ungaro, Yves St Laurent, Chanel, Givenchy, Nina Ricci . . . seulement trois maisons de couture sont accréditées en France pour poursuivre cette activité qui relève d’un savoir-faire extraordinaire. L’ouvrage effectué est celui de la Haute Couture. Tissus, boutons, modèle, montage . . . sont strictement à l’identique des pièces conçues par les plus grands. Le moindre détail est soigneusement respecté et le travail de couture s’effectue à la main pour les finitions. Au minimum, quarante heures sont nécessaires afin de mener un habit à son terme.

Au résultat, aucune différence si ce n’est le prix, divisé environ par quatre ! Le but de Michel Bonzi est de « faire rêver » !

Claude Sologne

 

Michel Bonzi Créations – 22 rue Beauvau 13001 Marseille –

tél. 04 91 33 73 85

Résidences décoration – Janvier février 2001 N°36

. . . . invitée à une soirée glamour du Festival du Film de Cannes, une dame plutôt discrète fait appel à Michel Bonzi, créateur marseillais. Et le résultat est à la hauteur de ses espérances. Michel Bonzi la sublime avec un somptueux fourreau rouge au décolleté vertigineux. « il faut beaucoup de finesse . . . » Et un certain pouvoir d’achat : un fourreau en soie est disponible à partir de 7 000 francs et une robe digne de Cendrillon peut atteindre les 50 000 francs . . .

Michel Bonzi a le sens de la toilette. Parlez-lui de l’événement que vous allez vivre, il imaginera pour vous une parure de princesse, un fourreau sexy ou la robe de la mère noël ! Matières, couleurs, accessoires, tout inspire ce créateur passionné, qui possède une licence Ungaro Haute Couture.

 

MICHEL BONZI, 9, 22 et 24 rue Beauvau, Marseille  1er  ( 04 91 55 5721  ou  04 91 33 73 85 )


La Provence – Mardi 24 Juillet 2001 N° 1508

« Une robe noire digne de celle que porte Claudia Cardinale valsant dans le Guépard … Un rêve ».

Des créateurs marseillais qui ont aussi joué la féminité . . .

En ouverture du traditionnel défilé haute couture des estivales d’Istres, non moins traditionnellement et avec la complicité de l’Institut Mode Méditerranée et de sa présidente déléguée Maryline Bellieud-Vigouroux, des créateurs régionaux ont présentés leur travail. Cette année place était faite à trois talents marseillais. Le premier à se lancer dans l’arène était Gabriel Massol. Unissant le noir et le gris à des couleurs plus « fluo » pour les doublures ou les détails, il a présenté des modèles de jour et de soir très « jolie madame » à l’image d’une petite robe noire parfaite de simplicité et de travail subtil. Ses vêtements étaient accompagnés par les sacs en matières surprenantes, le bois principalement, imaginés par Michel bresson. De véritables ornements . . . . Venait ensuite Michel Bonzi qui s’est « voué au blanc » avec des robes aux décolletés bénitiers, aux dos nus, jouant le charme, le glamour portable et la féminité absolue. Seule touche de « couleur », si l’on peut dire, une robe noire digne de celle que porte Claudia Cardinale valsant dans le Guépard… Un rêve. Les mannequins qui ont défilé étaient coiffés et maquillés par une armada d’artistes placés sous la houlette vigilante de Christian N

 

Cote Marseille Provence – Décembre 2001 N° 68

« La mode marseillaise ne jure que par lui »

Du grand art décliné façon mousseline, organza, crêpe ou satin ; un style très couture, sans ostentation, arborant jolies coupes et finitions main. Aujourd’hui, la mode marseillaise ne jure que par lui et le travail impeccable de son atelier : Tailleurs, tenues du soir et robes de mariée sont ici représentés en un dosage parfait de glamour et de naturel.

Marseille 1er, 9 rue Beauvau – tél. 04 91 55 57 21

Cote Marseille Provence – Décembre 2000 N°53

Michel Bonzi : Magie de l’éphémère

Fin stratège de la haute couture marseillaise, ce créateur de la rue Beauvau sait nous faire renoncer à nos idéaux de « robe de princesse ». Il voudrait ses mariées plus originales et plus contrastées, leur allure plus moderne, voire d’une insolente beauté. Et c’est par une alchimie parfaite de glamour – dos nu révélant le creux des reins, galbe d’une jambe dévoilé ce qu’il faut – et de naturel – formes épurées, accessoires bannis – qu’il réveille la personnalité de chacune. Les matières, elles, sont restées les mêmes et leur nom seul fait frissonner : satin duchesse de soie, double organza, dentelle chantilly . . .  le tout servi par de francs coloris et des finitions main frisant la perfection.

Marseille Le jour & La nuit – 5 mars 1998 N°3

MICHEL BONZI : CREATEUR A MARSEILLE

Pour un couturier-designer, comment vous vous définissez, vous avez un parcours atypique . . .

Michel Bonzi : Effectivement, mon curriculum vitae est assez original pour un créateur, j’ai d’abord réussi le concours des beaux-arts . . . mais je n’ai pas suivi ses cours, j’ai ensuite suivi les cours de l’école de chimie puis j’ai passé un B.T.S de comptabilité.

Et la mode dans tout cela ?

M.B. : Elle faisait déjà partie de moi, tout mon être est créatif, j’ai toujours explosé de créativité. Jeune homme, je conceptualisais ma garde-robe ; Joséphine, ma mère, à qui ma boutique est dédiée, les réalisait. Autour de moi mes vêtements suscitaient curiosité et admiration. Les gens m’abordaient pour me demander où je les avais achetés. C’est le hasard d’une rencontre qui à servi de catalyseur à la création de ma griffe. Moi, je suis un artiste, je n’ai pas le sens du commerce ; c’est une amie qui m’a incité et m’a encouragée à poursuivre mes créations en se chargeant de diffuser ma collection.

Quand avez-vous présenté votre première collection ?

M.B. : En mars 1987 sous la marque « Persiste et Signe »

C’était un défi ?

M.B. : Je ne doute pas de ma bonne étoile mais je sais que pour percer il faut persévérer. Mes modèles sont maintenant signés de ma griffe « Michel Bonzi »

Qu’est-ce-qui est important et primordial pour vous, dans un modèle ?

M.B. :Tout est important, les lignes d’un fourreau sobre, d’un smoking classique peuvent être très raffinées, élégantissimes mais j’accorde une grande importance également à la volupté, à la sensualité d’un tissu. Je fais venir mes tissus de très loin, de l’Europe entière. Mes soieries sont lyonnaises ou italiennes, mes guipures autrichiennes, les suisses aussi ont des matériaux incomparables. J’aime la magnificence, le faste. Grâce à ma créativité, je donne libre cours à mon imaginaire.

A qui s’adressent vos créations ?

M.B. : Les femmes qui s’habillent chez moi sont de jeunes femmes toujours soignées, toujours élégantes. Mon rôle est de mettre en valeur la personnalité de chacune en fonction de sa psychologie et du thème festif. Il ne faut pas se tromper, il faut être en harmonie avec la soirée.

Votre boutique, 9 rue Beauvau, exerce un attrait magnétique, votre talent commence à être reconnu, de quoi rêvez-vous maintenant ?

M.B. : Mon rêve ? . . . j’aimerais créer pour le théâtre et l’opéra . . .

 

Marie Claire – Octobre 2000 N° 578

« La Haute Couture prends corps »

A Marseille, Michel Bonzi, Couturier-Designer allie talent de perception, intransigeance sur la qualité, souci perfectionniste du détail, prix et l’œil qui brille de celle qu’il habille.

Dix ans après son premier défilé griffé « Persiste et signe », Michel Bonzi rencontre Lydia Martin en 1998 et animé d’une passion commune pour les belles matières, ils travaillent quelques temps ensemble dans le même esprit d’artisanat haute-Couture. Aujourd’hui, couturier-designer tel qui se définit lui-même, Michel Bonzi exerce les talents d’observation d’un psychologue, l’intransigeance et le travail acharné d’un grand couturier, le souci perfectionniste du détail d’un artisan un peu poète. Prouvant ainsi dans sa boutique, 9 rue Beauvau, comme dans son atelier Haute-Couture en face, que la beauté prend vie partout pourvu qu’un regard et des doigts experts lui donnent corps et la mettent en valeur. Dans sa boutique de prét-à-porter de luxe consacrée à ses propres créations de robes de mariée et de soirée, il définit avant tout une ligne autour du style de la jeune fille mais aussi du type et du lieu de la cérémonie. Puis les créations sont adaptées : de 7 à 20 000F pour une robe de mariée, 8 à 12 000F pour un tailleur. Au 22 rue Beauvau, dans l’ombre d’un petit salon au parfum art déco, il anime son atelier entouré de trois techniciennes du flou, du drapé et du tailleur.

Promues des plus grands ateliers Hautes-Couture, elles font revivre sous sa direction les modèles des défilés avec les tissus, références et indications des maisons les plus renommées. Auprès des archives des patrons de collections signées Emmanuel Ungaro, Chrsitain Dior, Yves Saint Laurent de ces dix dernières années, dans des boites en carton et du papier de soie, il garde précieusement des trésors de tulle brodé de dentelles, incrustés de perles fines et de strass qui laissent muet d’émotion. Ici, Michel Bonzi, tel un metteur en scène et monteur de mode, imagine, coupe, met au point, coud des coutures insoupçonnable, gomme les rondeurs trop épanouies, drape les creux, voile les imperfections et révèle ce charme indicible qui fait la vraie beauté. Ainsi, les broderies de cette robe d’Emmanuel Ungaro pour Madeleine Beton -épouse du créateur d’Orangina- ont elles été découpées et recousues à la main sur un tulle couleur chair invisible : Les motifs parfaitement repositionnés de manière à dissimuler parfaitement les bretelles du soutient-gorge et à lui permettre de porter sans crainte un modèle « impensable » à première vue.

« J’apprécie particulièrement son coup d’œil masculin et sa franchise sans concession, nous confie t-elle, il sait me conseiller et me faire accepter avec une certaine complicité une manière d’être imprévue dans laquelle je me retrouve parfaitement ». Un défilé hors du commun présente ces jours-ci à une cinquantaine de fidèles de la jet-set marseillaise la collection Michel Bonzi conçue à partir de modèles qu’il a lui-même sélectionnés chez Emmanuel Ungaro ou Yves Saint Laurent, Balmain, Christian <Dior : Une vingtaine de silhouettes, robes, manteaux, tailleurs et ensembles parfaitement complémentaires.

Soulignons que seulement trois couturiers en France sont ainsi accrédités auprès de ces maisons et autorisés à reproduire leurs patrons, Michel Bonzi étant le seul dans notre région. Les modèles sont adaptés sur une toile aux mesures et reproduits à la perfection dans le moindre détail aux prix d’une quarantaine d’heures de travail et de trois essayages : soit 18 à 20 000F environ et jusqu’à 40 000F. Irréels ? bien au contraire ! une réalité qui fait travailler un nombre croissant d’artisans en région, consacre Marseille 2ème capitale de la Mode après Paris et incite une nouvelle génération de jeunes issue des lycées Colbert ou de La Calade à suivre l’exemple de Michel Bonzi et de tant d’autres. Alliant la féerie de la Haute-Couture à une rigueur technique intransigeante, ces vêtements ne sont-ils pas pensés avant tout pour être portés ? Fiables en toute occasion, ils sont conçus pour ne jamais décevoir, ni faillir. Ils donnent aux femmes les clés de l’élégance : à elles de faire l’autre moitié du chemin, les porter et leur donner vie.

Mariée Magazine – Mars/Avril/Mai 1997 N°24

Inspiration baroque

Ce créateur de talent ouvre fin Février une boutique en face de l’Opéra de Marseille. D’inspiration Barocco avec de grands miroirs dorés, avec un sol en chêne clair et des murs jaunes, la boutique est réservée aux robes de mariées et aux robes du soir. Les robes Ultra-féminines, sont sur mesure, coupées dans de somptueux tissus référencés Haute Couture. Michel BONZI peut tout aussi bien créer de grandes robes d’apparat ou de petites robes courtes très mutines mais toujours sobres, car, dit-il, « la simplicité, c’est la classe ». Vous trouverez également des gants assortis, des étoles, des paletots, etc. De 3 000 F à 30 000 F. Prix moyen autour de 7 000F – 15 000 F.

Michel Bonzi, 9, rue Beauvau, 13001 Marseille

La Provence – 17.01.1998

Michel Bonzi, du fracas de l’usine aux raffinements de l’atelier

Toujours fastueux, souvent provocants, ses modèles lui font oublier ses années d’ouvrier « dans le bruit, la chaleur et la crasse ». A Marseille, la griffe de ce jeune créateur commence à s’imposer.

Quand il était petit, Michel Bonzi se construisait des cabanes. Mais les siennes ne ressemblaient pas à celles des autres enfants du quartier : elles avaient des rideaux à fleurs et portaient des noms poétiques. Plus tard, quand il eut 13 ou 14 ans, il exigea de s’habiller sur-mesure : il concevait les modèles que sa mère, bonne couturière, fabriquait. A Saint-Auban-sur-Durance, à l’ombre de la cheminée de l’usine –hier Péchiney, aujourd’hui Atochem, ces choses là déconcertaient « on me raillait sans doute un peu, se souvient-il, mais j’avais déjà un fort sentiment de supériorité. Je savais de toute façon que j’étais dans la vérité. »

Vingt ans plus tard, Michel Bonzi, 37 ans, est installé dans une élégante boutique de la rue Beauvau, à Marseille. Une robe du soir, corset de satin sur tulle voile de mariée et taffetas vieux-rose habille un mannequin de bois dressé dans la vitrine. Il y a quelque de plus que la simple élégance : un raffinement, une magnificence, qui évoquent le grand siècle plus que les festivités contemporaines. « Mes vêtements d’aujourd’hui, dit Michel Bonzi, c’est mon imaginaire d’il y a vingt ans »

La boutique est ouverte depuis le mois de mars dernier. Michel la dédiée « A Joséphine » , sa mère, qui fut la première à croire en son talent. Car entre Saint6auban et la rue Beauvau, entre la petite cité ouvrière et la presque »haute couture », le chemin était loin d’être tracé. Le jeune homme est probablement à ce jour, le seul créateur de mode titulaire d’un  « CAIC », le certificat de Conducteur d’Appareils de l’Industrie Chimique, le sésame qui ouvre les portes de la vie professionnelle. Ouvrier, puis comptable, « l’usine serait pendant prés de vingt ans son horizon, sa « Cage » et son tourment.

Provocants et fastueux

Il faut imaginer Michel, en 1978, « dans le bruit, la chaleur et la crasse » d’un atelier de fabrication. Il faut l’imaginer rêvant de satin, de velours épais, de dentelles et de surpiqûres dans l’odeur du chlore et le fracas des machines. « Je dénotais » dit-il sobrement. Ouvrier de fabrication, puis comptable, le jeune homme s’évade en dessinant ses vestes et ses pantalons que Joséphine, toujours solidaire, « patronne »  monte et coud.

En 1986, Michel décide de se jeter à l’eau et de présenter sa première collection. Bravant l’ironie de ses collègues de bureau, il crée une société, dépose sa griffe – « Persiste et Signe » – se fait prêter une salle à Château-Arnoux, rameute quelques copains et copines, et organise son premier défilé. « j’étais parti bille en tête. Trente modèles, homme et femme, depuis le tailleur habillé et le smoking jusqu’à la tenue du soir et la robe de mariée. Tout ce dont j’avais fait la provision pendants des années était là. Dix ans plus tard, j’en suis encore ébahi. »

La « patte » Michel Bonzi est déjà toute entière dans cette collection aux modèles audacieux, provocants et fastueux. A Château-Arnoux comme à Saint6auban, l’événement ne passe pas inaperçu. Si les élégantes ne se sentent pas vraiment prêtes à s’habiller « Bonzi », les échos du défilé parviennent jusqu’à Marseille où Maryline Vigouroux essaie de fédérer les « jeunes créateurs » régionaux pour les épauler et leur donner plus de poids. « Jusqu’alors, j’avais été un amateur doué. Là, avec ce petit groupe d’une quinzaine de personnes, j’accédais à la catégorie supérieure. »

Un attrait Magnétique

L’usine, bientôt accepte de muter Michel dans un autre établissement du groupe, à la Milière. Il y restera deux ans. « C’était à peine mieux qu’à Saint-Auban. Quand j’ai été au bord de la dépression, j’ai pris la grande décision. Atochem a accepter de me libérer et je suis devenu couturier à plein temps. »

Installé, presque reconnu, Michel est à ce moment d’une carrière où tout peut basculer, vers la gloire comme vers l’échec. « J’ai quitté la cage, je suis sur le perchoir. Ou je prends mon essor, ou je tombe. »

A Marseille, et même à Château-Arnoux, il s’est fait une clientèle et une spécialité : le mariage « Un «beau mariage » – et dans certains milieux ça existe toujours – c’est une demi-douzaine de modèles pour la mariée bien-sûr, mais aussi pour sa mère, ses sœurs, pour la bénédiction religieuse et la cérémonie civile, pour la  réception qui s’ensuit… »

Du dessin jusqu’au montage, Michel réalise tout lui-même. Il vend ses robes entre 9 et 12 000F. « Je dis haut et fort que ce n’est pas cher. Je connais bien le monde de la haute-couture et je n’ai aucun complexe. »

Dans la rue Beauvau, sa vitrine exerce sur les passants un attrait magnétique. Homme ou femme, chacun s’arrête, rêve un instant devant les modèles exposés, puis passe comme à contre-cœur son chemin. « Ici à Marseille, tout peut arriver, contrairement à ce que l’on croit et même si les gens sont extrêmement discrets, le potentiel de clientèle existe ».

Pour Michel Bonzi, l’année qui commence devrait être décisive. « Je pense que je vais exploser » , dit ce jeune homme raffiné qui n’a jamais douté de son talent, ni de sa bonne étoile.

Robert ARNOUX